Félix Proulx dit Clément, pionnier inconnu de Ripon (deuxième partie)


Felix Proulx dit Clément, de l’Île Bizard, en passant par Newton, puis Rigaud, jusqu’à Ripon

Felix Proulx aura vécu son enfance à l’Île Bizard jusqu’à l’âge de 15 ans puisqu’en 1832 son père vendit la terre pour aller s’établir à Saint-Hermas, près de Chatham, du côté nord de la rivière des Outaouais, à la hauteur d’Hawkesbury.

Le 17 mars 1838, son père lui vend un lopin de sa terre. Il réside alors avec ses parents. Vers la fin des années 1830, Felix a probablement été tenté par les chantiers au nord-ouest du canton de Newton puisque à son mariage en 1849, il résidait dans cette localité. Ce canton, situé au sud-ouest de Sainte-Marthe de Vaudreuil, connaît depuis les années 1820 un boom démographique : des Écossais du comté de Glengarry s’installent à l’extrémité sud-ouest du canton, qu’on nommera Péveril; « vers le même temps, les jeunes gens de Vaudreuil entament la forêt du côté nord-ouest. Ils se construisent des petites huttes ou cabanes qui leur servent de demeures. Leurs provisions consistent en un peu de farine, de lard et le produit de leur chasse. Leur occupation principale est d’abattre des arbres, de les réduire en cendres et d’en tirer de la potasse. Leur existence semble être ignorée du reste des hommes. Bientôt, quelques amis viennent les rejoindre, des familles entières s’y transportent et en peu d’années, la population devient assez considérable pour faire donner à leur coin de canton le nom de Grand-Chantier petit village qui s’étend depuis le premier rang jusqu’au troisième rang sur une largeur variable ne dépassant pas une trentaine d’arpents ayant pour centre cette lisière de terre ajoutée en 1811 au canton de Newton et déversant un peu de chaque côté. Ste-Marthe et Ste-Anne-de-Prescott en font partie. Ce coin est appelé Mongenais un peu plus tard. On peut y compter jusqu’à une cinquantaine de maisons bâties sans aucun souci de l’architecture. » [19] C’est probablement à Newton que Felix rencontra son futur beau-frère, Joseph Joanisse Depocas, qui épousa sa sœur Zoé Proulx en 1845 à Saint-André d’Argenteuil; on retrouvera ce Joseph Joanisse et son épouse au recensement de Newton, en 1851. De plus, c’est aussi à Newton que Felix rencontra la famille Decœur : David et Luce Decœur seront les parrain et marraine de sa fille Virginie, baptisée en 1852 à Sainte-Madeleine de Rigaud.

Felix épouse, à l’âge de 32 ans, le 20 août 1849, à Sainte-Marthe de Vaudreuil, Olympe Labre, âgée de 16 ans, née le 25 mars 1833, à Rigaud, fille d’Hyacinthe et Cléotilde Clophée Séguin. Voici le texte de l’acte : Le vingt août mil huit cent quarante neuf après la publication de trois bans de mariage faite au prône de nos messes paroissiales entre Felix Proulx de Newton menuisier fils majeur de Hyacinthe Proulx cultivateur et de Rose Baulne de Masham d'une part, et Olympe Labre fille mineure de Hyacinthe Labre cultivateur et de Cloffé Séguin de Rigaud, d'autre [part] pareille publication ayant été faite à Rigaud, et ne s’étant découvert aucun empêchement au dit mariage auquel les parents respectifs ont consenti nous curé soussigné [5 mots illisibles] curé de Rigaud avons reçu leur mutuel consentement de mariage et leur avons donné la bénédiction nuptiale en présence de Emery Chevrier servant de père à l’époux et Joseph Joannis beau frère de l’époux de Hyacinthe Labre père de l’épouse de Leocadie Labre mere de l’épouse qui ainsi que les époux n’ont su signer. Martineau, ptre. Sept enfants ont été répertoriés de l’union de Félix Proulx et Olympe Labre :

  1. Marie Auxilie Proulx, née et baptisée le premier juin 1850, à Sainte-Madeleine de Rigaud : Le premier Juin mil huit cent cinquante par Nous Prêtre soussigné a été baptisée Marie Auxilie née le même jour du légitime mariage de Felix Proulx, cultivateur et d'Olympe Labre, de cette paroisse. Le parrain a été Hyacinthe Labre et la marraine Zoé Proulx qui ainsi que le père présent ont déclaré ne savoir signer. S.P. Desautels, ptre. La marraine, Zoé Proulx, comme nous l’avons vu, est la sœur de Felix; elle avait épousé Joseph Joannis Depocas le 28 juillet 1845 à Saint-André d’Argenteuil. Ce Joseph Joannisse figurait dans le recensement de Newton en 1851 : Joseph Joanisse est cultivateur, originaire de Grand-Brulé, et a alors 45 ans, et Zoé Proulx, originaire de l'Île Bizard, qui en a 28. Puis on retrouve Auxilie au recensement de Ripon, en 1851 : elle a alors un an. On la retrouve à nouveau au recensement de Ripon en 1861 : Oxille a alors 10 ans. Elle s’est mariée le 29 mai 1869 à l’église Saint-Casimir, à Ripon, avec Julien Brayer dit Saint-Pierre (les parents ne sont pas mentionnés dans l’acte).

  2. Virginie Proulx, née le 17 février 1852 et baptisée à Sainte-Madeleine de Rigaud : Le dix huit février mil huit cent cinquante deux Nous Prêtre Soussigné avons baptisé Virginie née hier matin du Légitime mariage de Felix Proulx cultivateur de cette paroisse et d'Olympe Labre. Parrain David Decœur, marraine Luce Decœur qui ont déclaré ne savoir signer. Le père a signé. Felix Proulx, Jos. Seguin, ptre. Les Decœur sont de Newton. Puis on retrouve Virginie au recensement de Ripon en 1861 : Mary (certainement Virginie) a alors 8 ans. Elle s’est mariée le 17 juin 1872, à l’église Saint-Casimir, à Ripon, avec Cléophas Legault, fils de Jacques et Adélaïde Leblanc.

  3. Dolphus Proulx, né en 1853 ou 1854, à Rigaud. Aucune trace de lui dans les registres de la paroisse Sainte-Madeleine, qui sont en mauvais état. On le retrouve au recensement de Ripon en 1861 : il a alors 7 ans.

  4. Rose de Lima (Delima) Proulx dit Clément, née le premier juin 1856, à Ripon, et baptisée à Saint-André-Avellin, le même jour : Le premier juin mil huit cent cinquante six nous soussigné curé avons baptisé Rose de Lima née le même jour du mariage légitime de Felix Proulx menuisier et de Olympe Labre de cette paroisse. Le parrain a été Damase Lague et la marraine Flavie Labre qui ont déclaré ne savoir signer. Le père a signé avec nous. Felix Proulx, J. David. On la retrouve au recensement de Ripon en 1861 : Délima a alors 4 ans et est dite originaire de Saint-André-Avellin. Au recensement d’Ottawa, dans Victoria Wards (les Plaines Le Breton) en 1871, on retrouve Delima Clement, une couturière de 17 ans, qui vit avec la famille d’Aug. Fauteux, journalier de 44 ans et son épouse Matilda, 37 ans, ainsi que leurs trois enfants. Elle s’est mariée le 17 août 1879, à l’âge de 22 ans, à la basilique Notre-Dame d’Ottawa, avec Georges Marion, âgé de 23 ans, fils de Louis et Julie Lebel. Georges est né le 6 octobre 1855 (mais on lit1854 sur la stèle funéraire). On retrouve le couple au recensement d’Ottawa en 1881 : Georges a alors 24 ans et Délima, 23; leur fils Napoléon a 3 mois. On trouve également dans ce recensement la mère de Georges, Julie Marion, veuve, qui a alors 55 ans, ainsi que ses frères Louis, 23 ans, et Nelson, 16 ans. La famille était à Saint-André-Avellin en 1891 : Georges a alors 35 ans et Délima 33. Puis ils sont à Ottawa en 1901 : Georges a alors 45 ans et Délima 40. Ils ont ensuite habité à Hull puisqu’on les retrouve au recensement en 1911 : George a alors 56 ans et Délima, 53. On les retrouve de nouveau en 1921 au recensement de Hull : Geo, ouvrier, a alors 66 ans, et Délima en a 64. Délima est décédée en 1930, à l’âge de 73 ans, à Hull; elle a été inhumée en 1930, au cimetière Notre-Dame de Hull. Georges est décédé en 1932, à l’âge de 77 ans, à Hull.

  5. Rose Proulx, née en 1858 à Ripon et baptisée à Saint-André-Avellin. On la retrouve au recensement de Ripon en 1861 : Rose a alors 3 ans. Elle s’est mariée le 28 avril 1881 à l’église Saint-Casimir de Ripon avec Alfred Rochon, fils de Moïse et Angèle Proulx,